Virginie Sommet est une œuvre à elle seule. Cette passionnée a fuit le ghetto des BCBG dans lequel elle a grandi afin d'exister. Normande pure souche, aux talents multiples, Mademoiselle Sommet a choisi l'art pour exprimer sa quête d'une autre société. L'utopie a bon goût. Entretien.
D'où te vient ton engagement, ton envie d'ailleurs?
Je pense que mon engagement vient du fait que je sois issue d’un ghetto, celui des catholiques pratiquants et bourgeois. Dans ma chambre d’enfant, il faisait 0°. Je n'avais pas le droit de regarder la télé. Alors une fois à Paris pour étudier, ce fut un choc. J'ai réalisé que la vie n’était pas bleu marine et vert bouteille comme celle que j'avais connue jusque-là. A Lisieux, on vivait entre blancs, il n'y avait pas d'autres ethnies. Je me sentais confinée.
A Paris, j’ai trouvé la vie hallucinante. Comme j’aime apprendre, je me suis laissée emporter par la ville et ses quartiers asiatiques, africains… Puis, je me suis documentée. Je me suis imprégnée de Paris, avant de découvrir New York. En arrivant à Big Apple, j’ai adopté cet univers cosmopolite. Je suis un caméléon. J’adore être là où je ne suis pas sensée être ! New York m’a déconstruit, alors j'ai voulu l'exprimer et partager cette expérience à travers mon travail.
Peux-tu nous dire ce que t'a apporté New York ? Et que veux-tu dire par "New York m'a déconstruit" ?
NY m’a déconstruit car je suis arrivée avec de nombreux aprioris et je me suis alors pris de sacrées claques ! L'école que j'ai faite, le statut de mes parents, on n’en avait rien à faire ici. J'ai aussi trouvé les gens très gentils. Je me suis vite rendu compte de la méchanceté du peuple français. Ça m’a étonné et réveillé et ça m’a motivé à rester. New York est une ville difficile, mais je préfère ses ondes positives.
Peux-tu me dire quel est ton cheminement créatif ?
Ma démarche créative est centrée sur les objets emblématiques de minorités urbaines à Paris et New York. Dans mon quartier à Chinatown, nous sommes entourés de gens venus de Chine, de République Dominicaine dans le Lower East Side et d'Afrique à Brooklyn... Grâce à mon travail, j'essaie d'être objective. Même si je suis blanche, à travers mes lectures, mes recherches, j’essaie d’effacer cette couleur. J’essaie de libérer mon esprit. L’injustice me révolte, alors par le biais de mes pièces, je tente d’exprimer cela. Puis, ça leur (Ndlr: les blancs) fait du bien de se prendre des claques dans la tronches. C'est ma manière de faire évoluer les choses.
En regardant tes œuvres, on sent ton amour pour le multiculturalisme. Ton désir de présenter un autre visage de la société. Raconte ?
Je n’écris que sur les minorités : les transsexuels, les prostitués, les homosexuels... Il n’y a que cela qui m’intéresse. J’ai été traumatisée par le fait de vivre dans une boîte, alors j'ai souhaité découvrir la diversité qui m'entoure. La majorité, qui est la majorité numéraire, se croit forte. Ce qui m’intéresse, ce sont les minorités. Mais le problème aux USA, c'est que les minorités sont mal considérées parce que l'on pense qu'elles ne sont pas suffisamment éduquées.
Et est-ce qu'il est simple d'être une femme artiste ?
Les chiffres sont édifiants : 98% des femmes dans les musées sont les modèles représentés nus et les 2% restant sont des artistes*. Il est simple de compter le ratio femmes-hommes. Je vais partager une anecdote avec toi. J’ai fait un groupe show le 21 novembre 2011 avec uniquement des femmes artistes, en prenant leurs travaux les plus masculins. Les pièces n’étaient pas signées, nous n'avons indiqué que leurs initiales. Personne n’a dit que c’était une exposition de femmes. Tout le monde a uniquement parlé du travail…
Le site de Virginie
* Source : Gurerilla Girls
Sur son oeuvre Hair

love her an amazing woman
Posted by: countessalexzapak | 20/02/2012 at 11:30
Thanks a lot for your comment. I agree she is amazing and creative. I'll publish an English version of the interview soon, let me know if you want an update on this.
Have a beautiful day,
G
Posted by: Gladys | 20/02/2012 at 16:35